La carte de paiement représente un moyen de régler ses achats quasi incontournable, en France et dans le monde. Rien que sur le territoire français, presque 70% de la population déclare privilégier cette dernière aux chèques ou aux paiements en liquide lorsque cela est possible. En 2018, plus de 80 millions de cartes bancaires avaient été émises sur le sol français. Focus sur les multiples visages de ce petit moyen de paiement rectangulaire.

Carte de paiement : forme et fonctionnalités

Elle prend la forme d’un petit rectangle de plastique qui tient dans la paume de la main. Elle est munie généralement d’une bande magnétique et d’une puce électronique, l’une et l’autre assurant le regroupement des données concernant l’usager, et la communication avec les terminaux bancaires. Elle permet le retrait d’argent et/ou le paiement, en ligne ou directement chez les commerçants. Pour le retrait d’argent liquide, il suffit d’introduire la carte dans l’un des nombreux distributeurs ayant pignon sur rue prévus à cet effet, et d’y récupérer la somme attendue en espèces. Du côté du paiement dans les commerces, le règlement d’un achat s’effectue en insérant sa carte dans le terminal bancaire du commerçant. Dans les deux cas, retrait comme achat, il est nécessaire de composer durant l’opération un code secret à quatre chiffres, combinaison qui sécurise l’utilisation (exception faite des achats dits « sans contact », permettant de pratiquer des paiements modiques sans saisie du code). Pour les achats en ligne, c’est la saisie d’un code figurant sur la carte qui permet la validation du paiement.

Plusieurs types de cartes de paiement

La carte de retrait

Celle-ci permet uniquement à son détenteur de retirer de l’argent liquide de son compte bancaire via les distributeurs automatiques. Elle n’autorise donc pas le règlement d’achat. Cette solution est généralement privilégiée pour les adolescents dont les parents estiment prématuré que leur enfant possède une carte de débit.

La carte de débit

La carte bancaire classique par excellence. Autorisant à la fois les retraits d’espèces et les achats, elle se décline en deux catégories : les cartes de débit, et les cartes de débit à autorisation systématique. Ce qui distingue ces deux types de carte est la notion d’autorisation en temps réel (ou non) : la carte de débit n’est pas assortie d’un contrôle systématique des fonds sur les achats, et le montant d’un paiement est prélevé sur le compte avec un décalage ; à l’inverse, la carte à autorisation systématique implique une vérification en temps réel des fonds disponibles sur le compte bancaire pour tout achat. Cette dernière est notamment favorisée pour les très jeunes personnes ou les gens fragiles en situation de dépendance (curatelle, tutelle ou autre…).

La carte prépayé

La différence entre une carte de débit et une carte prépayée est que cette dernière n’est rattachée à aucun compte bancaire. Elle permet des retraits d’argent et des achats chez les commerçants, mais uniquement à hauteur d’un montant préalablement chargé sur la carte. Une fois les fonds épuisés, ceux-ci peuvent être chargés de nouveau, directement sur le moyen de paiement. Une solution intéressante pour fournir différemment de l’argent de poche à ses enfants par exemple.

La carte de crédit

La carte de crédit est quant à elle liée à un crédit renouvelable, lui-même rattaché au compte bancaire de l’usager. Cette fonctionnalité permet à l’utilisateur de choisir, lors d’un achat, s’il souhaite régler « comptant » (paiement en une seule fois comme pour toute carte de débit) ou « à crédit » : dans ce cas, le paiement aura lieu en plusieurs fois, étalé sur un certain nombre de mois selon les termes définis entre le client et l’organisme de crédit qui avance l’argent.

Les modes de débit

Les fonds requis pour effectuer un achat par carte bancaire peuvent être prélevés de deux manières : en débit immédiat, ou en débit différé.

Le mode débit immédiat prélève l’argent sur le compte instantanément lors d’un achat (en réalité : généralement dans les 24 heures). En débit différé, le prélèvement des sommes est différé dans le temps, et reporté à une date fixe, convenu à l’avance, et le plus souvent fixé en fin de mois. L’intérêt principal de cette technique est de ponctionner le compte des montants engagés à une date proche d’une prochaine rentrée d’argent (comme un salaire en début de mois). Elle nécessite néanmoins de tenir ses comptes à jour, indépendamment du solde affiché sur le compte bancaire (qui ne tient donc pas compte des achats en cours).

La palette des cartes de paiement

Diverses gammes de cartes bancaires sont proposées dans les établissements aux utilisateurs, allant des plus simples aux plus sophistiquées. Les cartes aux offres les plus dépouillées servent essentiellement aux retraits et aux achats, dans certaines limites. En montant en gamme, l’usager a possibilité d’obtenir des cartes aux plafonds de retrait et d’achat supérieurs, et souvent assorties de fonctionnalités supplémentaires, telle une assurance, etc. On peut essentiellement distinguer trois gammes.

Les cartes classiques

Les plus répandues, offrant des capacités de retrait et d’achat convenant au plus grand nombre ; on y trouve notamment la Mastercard ou la carte Visa Classic.

Les hauts de gamme

Meilleures capacités de retrait, plafonds d’achats mensuels revus à la hausse, assurances comprises (de type responsabilité civile ou assurance voyage) ; un choix intéressant lorsque les capacités d’une carte classique sont trop restreintes pour l’utilisateur, ou pour réaliser une économie substantielle sur certaines assurances ; ce sont essentiellement les cartes de type « or », comme la Visa Premier ou la Gold Mastercard.

Les cartes de luxe

Appelées aussi « cartes noires », elles ne sont utiles que pour des dépenses exceptionnellement importantes, aussi il est en principe requis de percevoir de hauts revenus ou de disposer d’une épargne relativement conséquente pour pouvoir prétendre à son utilisation. C’est par exemple le cas de la Visa Infinite.

Où récupérer sa carte de paiement ?

À l’exception des cartes prépayées, qui, n’étant pas affectées à un compte bancaire, sont disponibles aussi bien dans les agences bancaires que dans les bureaux de tabac, toute carte bancaire ne peut être fournie que par l’établissement bancaire qui héberge le compte de l’usager. Il peut s’agir d’un établissement conventionnel avec locaux ou d’une banque en ligne (la souscription a dès lors lieu à distance, via internet).

Cartes bancaires et innovations technologiques

Elle-même produit du développement technologique, la carte bancaire ne cesse d’optimiser ses fonctionnalités et d’en proposer de nouvelles au gré des innovations qui se succèdent. La dernière nouveauté ayant connu une forte adhésion du grand public est le paiement sans contact. Fondée sur le NFC (near field communication), cette technologie permet à une carte d’échanger des données avec un terminal bancaire par simple proximité, sans code secret. Cette fonctionnalité est limitée à de petits montants d’achat pour des raisons de sécurité évidentes. En matière de sécurité justement, le cryptogramme dynamique est promis à un bel avenir concernant les achats en ligne. La carte génère elle-même de façon aléatoire un code à trois chiffres à usage unique, indispensable pour un achat sur internet, sécurisant de manière drastique le paiement en ligne.

Toujours penser au plafond

Presque toutes les cartes de paiement, y compris les cartes de luxe, imposent un plafond de retrait et d’achat mensuel à leurs possesseurs. Il est donc nécessaire de connaître ce plafond et l’état de ses dépenses, notamment durant un voyage, afin d’éviter de se retrouver « bloqué » financièrement. Prévenir sa banque d’une dépense imprévue ou disposer de plusieurs cartes bancaires permettent de contourner un éventuel blocage.

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